Imaginez découvrir, à l’adolescence, que votre corps fonctionne différemment de celui des autres, au point que même les médecins peinent à expliquer exactement ce qui se passe. C’est l’histoire d’Abigael Kendi, une jeune Kenyane de 19 ans née avec une malformation congénitale extrêmement rare : un double utérus, un double col de l’utérus, un double vagin, et un seul rein.
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Depuis plusieurs années, elle vit avec une condition médicale complexe, faite de douleurs chroniques, de complications urinaires et digestives, et d’un long parcours de soins parfois sans réponse définitive.
Une découverte tardive et brutale
Pendant son enfance, Abigael ne soupçonne rien d’anormal. Mais tout change à la puberté, lorsque les douleurs deviennent intenses.
« J’avais très mal avant mes règles. On me disait que c’était normal », raconte-t-elle. Peu à peu, les symptômes s’aggravent : difficultés à uriner, vomissements, douleurs abdominales.
Ce n’est qu’après une urgence médicale que les examens révèlent la réalité : une combinaison rare d’anomalies anatomiques, dont un seul rein et un système reproducteur doublé.
« Les médecins ont découvert que j’avais deux utérus, deux vagins et un double col de l’utérus », explique-t-elle.
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Une maladie rare et un quotidien difficile
En plus de sa condition reproductive, Abigael vit avec un seul rein, ce qui nécessite un suivi médical constant. Le rein restant présente également des complications, augmentant les risques de calculs et d’infections.
Au quotidien, la jeune femme fait face à des douleurs cycliques très intenses, sans avoir de menstruations normales.
« Je n’ai jamais eu mes règles comme les autres filles », confie-t-elle.
Les fonctions urinaires et digestives sont également affectées, l’obligeant parfois à utiliser un cathéter pour uriner et à suivre des traitements réguliers pour soulager ses intestins.
Un impact physique et émotionnel profond
Au-delà de la douleur physique, la maladie a fortement affecté son estime de soi.
« J’ai commencé à penser que je n’étais pas normale », dit-elle. Mais avec le temps, elle transforme cette souffrance en force, notamment à travers l’écriture, au point d’avoir rédigé un livre sur son histoire.
À l’école, Abigael a aussi dû affronter la stigmatisation liée à ses besoins médicaux particuliers, notamment l’accès à des toilettes privées qui suscitait incompréhension et jugements.
Une longue série d’interventions médicales
Abigael a déjà subi plusieurs opérations chirurgicales dans l’espoir d’améliorer sa condition, sans succès durable.
« J’ai subi sept opérations », confie-t-elle, évoquant un parcours médical éprouvant.
Les traitements ont aussi eu un coût important pour sa famille, tant sur le plan financier qu’émotionnel.
Stigmatisation et incompréhension sociale
Dans sa communauté, son état a souvent été mal compris.
Certains ont attribué sa maladie à des causes spirituelles ou culturelles, illustrant les préjugés encore présents autour des maladies rares.
Abigael explique avoir longtemps souffert du silence et du manque d’information autour de sa condition.
Entre espoir et résilience
Aujourd’hui, elle continue son suivi médical dans un hôpital spécialisé au Kenya. Malgré les difficultés, elle garde espoir.
« Je crois que demain sera meilleur », dit-elle.
Son rêve est de devenir médecin, une ambition nourrie par sa propre expérience de patiente.
Abigael Kendi incarne aujourd’hui une réalité souvent invisible : celle des personnes vivant avec des maladies rares, entre douleur, incompréhension et courage quotidien.
