Dans les rues animées de Lomé, une scène est devenue courante : des manucures ambulants installés au bord des routes, proposant leurs services à moindre coût. Ciseaux sortis de poches, lames nettoyées rapidement, clients assis sur des tabourets improvisés… cette activité séduit par sa rapidité et ses prix accessibles, mais soulève de sérieuses préoccupations sanitaires.
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Une pratique de rue en pleine expansion
Dans plusieurs quartiers de la capitale togolaise, les manucures de rue attirent une clientèle variée. Leur principal atout reste le prix très bas et la disponibilité immédiate du service, sans rendez-vous.
Cependant, derrière cette accessibilité se cache une réalité moins rassurante : l’absence de normes d’hygiène strictes.
Des conditions de travail précaires
Au marché d’Adawlato, un prestataire interrogé affirme exercer depuis plusieurs années dans des conditions difficiles. Faute de moyens, la désinfection des outils est souvent approximative.
Entre contraintes économiques et survie quotidienne, certains reconnaissent utiliser un simple rinçage à l’eau savonneuse ou de l’alcool, sans véritable matériel stérilisé. Le coût des produits spécialisés reste un frein majeur.
Les clients séduits par les petits prix
Du côté des usagers, le choix est souvent économique.
Pour de nombreux clients, notamment les conducteurs de taxi-moto et les étudiants, la différence de prix est déterminante : quelques centaines de francs CFA suffisent pour bénéficier du service, contre des tarifs plus élevés en institut.
Certains reconnaissent toutefois être conscients des risques, tout en les minimisant face à la simplicité du geste esthétique.
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Les médecins tirent la sonnette d’alarme
Les professionnels de santé alertent sur les dangers réels de cette pratique.
Selon un médecin généraliste à Lomé, l’utilisation d’instruments non stérilisés peut favoriser la transmission de maladies graves comme :
- le VIH
- l’hépatite B
- l’hépatite C
Des infections cutanées peuvent également survenir en cas de coupures ou de blessures.
Des recommandations pour réduire les risques
Les spécialistes recommandent plusieurs mesures essentielles :
- Utilisation d’outils correctement désinfectés ou stérilisés
- Possession de plusieurs kits de travail propres
- Éviter le partage d’instruments coupants
- Recours aux instituts respectant les normes d’hygiène
- Utilisation de kits personnels par les clients
- Vaccination contre l’hépatite B et dépistage régulier
Entre nécessité économique et enjeu sanitaire
À Lomé, les manucures ambulants incarnent une réalité sociale : celle de la débrouillardise et du travail informel. Mais cette pratique, bien qu’utile pour de nombreux citoyens, pose un véritable défi de santé publique.
Entre accessibilité financière et sécurité sanitaire, l’enjeu reste de trouver un équilibre, notamment à travers la sensibilisation et la formation des acteurs du secteur.
