L’intelligence artificielle gagne rapidement du terrain dans l’industrie musicale, mais l’Australie veut désormais fixer des limites. L’Association australienne de l’industrie du disque (ARIA) a décidé de modifier les règles d’accès aux classements afin d’écarter les chansons dont la création repose principalement sur l’IA. Cette nouvelle mesure vise à garantir une présence humaine réelle derrière les titres qui apparaissent dans les charts australiens.
Une nouvelle règle pour accéder aux charts
Désormais, les morceaux devront avoir une « origine essentiellement humaine » pour pouvoir intégrer les classements musicaux en Australie.
Concrètement, les chansons entièrement générées par une intelligence artificielle ou celles dans lesquelles l’IA joue un rôle dominant ne pourront plus prétendre aux classements.
L’ARIA souhaite notamment qu’un auteur et un interprète humains participent réellement à la création du morceau.
Cette décision ne signifie toutefois pas que les artistes devront abandonner les outils d’intelligence artificielle.
L’IA reste autorisée en studio
L’utilisation de l’IA demeure possible pour certaines tâches techniques. Les professionnels pourront notamment continuer à utiliser des technologies basées sur l’intelligence artificielle pour le mastering, l’auto-tune ou d’autres opérations liées à la production musicale.
L’objectif de l’ARIA n’est donc pas de bannir complètement l’IA. L’organisation cherche plutôt à faire la distinction entre un artiste qui utilise la technologie comme un outil et une chanson produite essentiellement par une machine.
Une reprise de Madonna à l’origine du débat
Cette réforme intervient après la performance inattendue d’une reprise de « Like a Prayer », célèbre chanson de Madonna.
Le morceau, réalisé par le DJ australien Josh Fawaz avec un recours important à l’intelligence artificielle, a rencontré un succès considérable. Il aurait dépassé 48 millions d’écoutes sur Spotify, tout en bénéficiant de passages à la radio.
Le titre a même atteint la deuxième place des classements australiens. Une performance qui a rapidement relancé les interrogations sur la place des chansons générées par l’IA dans les charts.
Pour les professionnels du secteur, la question devient donc essentielle : faut-il classer sur le même pied une œuvre créée par des artistes et une chanson produite en grande partie par des outils automatisés ?
LIRE AUSSI : CAN 2027 : deux rendez-vous décisifs attendent les Éperviers
Les artistes craignent pour leurs créations
Derrière cette décision se trouve également une inquiétude plus large. De nombreux artistes redoutent que leurs chansons soient utilisées pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle sans leur autorisation.
Les auteurs, compositeurs et interprètes demandent ainsi davantage de contrôle sur l’utilisation de leurs œuvres.
Le gouvernement australien s’est lui aussi saisi du sujet. En juillet, le Premier ministre Anthony Albanese avait annoncé sa volonté d’assurer une protection renforcée aux créateurs face au développement rapide de l’IA.
L’Australie veut préserver la place de l’humain
Avec ces nouvelles règles, l’Australie tente de trouver un équilibre entre innovation technologique et protection des artistes.
L’intelligence artificielle peut désormais faciliter de nombreuses étapes de la production musicale. Mais pour l’ARIA, son utilisation ne doit pas faire disparaître la contribution humaine qui se trouve au cœur de la création artistique.
Cette décision pourrait surtout servir de référence à d’autres marchés musicaux confrontés au même défi : comment profiter des possibilités offertes par l’IA sans laisser les œuvres humaines perdre leur valeur et leur visibilité ?



